Boudah Talenka

Testament

Aujourd'hui tout nous tue, la bouffe, les terroristes, le soleil, les médicaments, les ondes, nous-même (cancer), tout. Et, effectivement, nous allons mourir dans quelques dizaines d'années. Donc la mort est là, pas loin, mais là aujourd'hui, vous êtes vivant, puisque vous lisez ces lignes. Qu'est-ce qui vous fait vivre ? Est-ce que l'oxygène, l'eau et quelques repas suffisent à vous rendre vivant ? Êtes-vous heureux ? Pourquoi ? Dès le lycée, j'ai compris que la vie n'avait pas de sens en elle-même. Que la notion de sens, de pourquoi, était liée à la façon dont notre cerveau appréhende le monde. Le cerveau est optimisé pour nous permettre de survivre le temps d'élever nos enfants. Et c'est la clef du bonheur ! Pas les enfants non, quoique. La réponse est le temps. Le temps n'est pas à proprement parler une 4ème dimension, il n'existe pas en lui-même. Le temps n'existe que comme l'évolution d'un objet qui bouge. S'il n'y a pas d'objet ou si l'objet ne bouge pas, alors le temps n'existe pas pour lui. Le bonheur consiste à voir les choses sans le filtre temporel, c'est à dire à voir les choses sans penser à ce qu'elles ont été ou ce qu'elles seront. Le bonheur, c'est voir les choses telles sont. Ce dont vous avez besoin pour être heureux ? Apprendre, dépasser ce que vous connaissez déjà, rire de vos petites déceptions ou de vos grands malheurs. Ne rien prendre pour acquis.

Dernières volontés (ne variatur)

Si je suis dans l'incapacité de prendre ou d'exprimer par moi-même mes volontés, je nomme ma soeur Nina Thévenin comme mandataire et comme légataire universelle pour prendre en mon nom les décisions qui s'imposent, notamment concernant ma santé et mes biens. Elle est la bénéficiaire d'une assurance-vie souscrite au Crédit Agricole.

Acharnement thérapeutique et don d'organe

Je ne veux pas d'acharnement thérapeutique. Je ne veux pas être maintenu en vie si je me trouve dans un état de dégradation physique ou intellectuelle profonde sans espoir d’amélioration. Une vie privée de toute possibilité de communication avec autrui ne me paraît pas digne d’être prolongée par des moyens techniques. Si je devais être par exemple dans le coma ou inconscient ou bien rendu débile de douleur, je souhaite que tout traitement permettant de me maintenir artificiellement en vie soit stoppé au bout de 30 jours, pas un de plus.

Si mon corps peut servir à d'autres, je souhaite que cela soit fait. À ma mort je lègue donc mon corps à la médecine en priorité, à la science autrement. Je lègue mon corps en totalité et sans discriminer les utilisations qui pourrait en être faite. Incinéré le reste de ma dépouille, ou disposez-en de la manière la plus économique, je n'en ai cure. Je ne veux pas de cérémonie, ni de tombe, ni d'urne. Si vous m'incinérez, dispersez les cendres dans la mer ou bien n'importe où, du moment que le lieu choisi ne devienne pas une espèce de lieu de recueillement. Si DD s'en souvient, qu'il sache que s'il veut répandre mes cendres en parachutes, ça me va ! Je ferais de même pour toi.

Possessions

J'ai volontairement essayé de minimiser mes possessions tout au long de ma vie, car elles sont autant de boulets qui nous lient au passé et nous empêchent de vivre dans le présent. Je souhaite donc qu'à ma mort mes possessions soient revendues ou données à qui en aura besoin. Toutefois : 1) Mes livres font partie de la bibliothèque familliale et doivent donc la rejoindre. 2) Les documents et les objets liés à l'association Talenka ou au collectif Tomahawk devrait lui être donnée, et tout autre objet normalement étiquetté Talenka ou Tomahawk, cela ne m'appartient pas . 3) Les ordinateurs, disques durs et clefs USB devraient être effacés complètement avant d'être réutilisés ou revendus (faire confiance à Tony ou DD pour cela).

Petite énigme pour qui voudra accéder à mes matériels informatiques :

Talenka est mon point de départ.
Chaque élément a son petit nom.
La suite finit par l'Or.

Bouteille à la mer

Rien ne sert de mentir, je n'ai jamais réussi (voulu ?) à entrer dans le moule. Pas parce que je suis intelligent, pas parce que mes parents m'ont élevé de telle ou telle façon, mais parce qu'intrinsèquement, j'éprouve du plaisir à me ballader "tout nu" (au sens symbolique, sans attachement). C'est bien sûr notre attention qui définit notre réalité, et cette attention est biaisée, alors que ce n'est pas forcé. Malgré tout, jusque là, j'ai été incapable de m'en défaire, de ce moule ou je n'entre pas, et je ne me sens nulle part chez moi, nulle part à ma place. C'est peut-être une utopie, que de vouloir se poser, pour les gens qui de toute évidence n'acceptent pas les postulats de subordination que cette société cherche à nous vendre.

P.S. : Je ne prévois pas de mourir bientôt hein !